PAR : JEAN CLAUDE DJEREKE

Ruben Um Nyobè, qui ne demandait que l’indépendance du Cameroun, fut abattu par l’armée française, le 13 septembre 1958, non loin de son village natal. Son cadavre fut traîné par terre, comme si on voulait l’humilier jusque dans la mort. On lui refusa une sépulture digne. La répression des nationalistes camerounais par l’armée française, ensuite par Ahidjo, le pion de la France, fit, entre 1955 et 1964, des dizaines de milliers de morts, d’après Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa (cf. ‘La Guerre du Cameroun. L’invention de la Françafrique’, Paris, La Découverte, 2016).
Des crimes contre l’humanité pour lesquels la France persiste à ne pas demander pardon. Macron et ses prédécesseurs se refusent à emboîter le pas aux dirigeants allemands et britanniques qui, eux, ont présenté des excuses pour le génocide des Herero et des Nama (Namibie) et le massacre des Mau-Mau (Kenya). L’Allemagne et la Grande-Bretagne ont promis en outre d’indemniser les victimes. Quand on n’est pas la première puissance économique européenne et qu’on perd chaque jour du terrain dans ses ex-colonies, que gagne-t-on à faire montre d’arrogance et de mépris ?

Jean-Claude DJEREKE

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